Membres | Doctorants

Noemi Casati

Doctorante Pôle sociologie
Discipline : Sociologie
Institution(s) de rattachement : EHESS
Institution secondaire : Labex Tepsis
Laboratoire(s) de rattachement : LIER-FYT

Champs de recherche

Processus de problématisation ; parole publique ; critique morale ; conversations ordinaires ; immigration et différences culturelles ; méthode ethnographique ; sociologie politique ; anthropologie linguistique.

Coordonnées professionnelles

École des Hautes Études en Sciences Sociales
Laboratoire interdisciplinaire d'études sur les réflexivités

10, Rue Monsieur Le Prince
75006, Paris

noemi.casati[at]gmail.com

A partir d’une recherche comparative entre Béziers (Occitanie, France) et Raguse (Sicile, Italie), mon travail de thèse, sous la direction de C. Lemieux, vise à suivre les processus ordinaires de problématisation, en particulier au sujet de l'immigration et des différences culturelles. En m’appuyant sur des données recueillies lors d'interactions spontanées en situations formelles et informelles, ainsi que d’entretiens semi-directifs avec des professionnels locaux de la parole publique, je m’intéresse à ce qui se produit lorsqu'un acteur amorce une problématisation ou exprime une critique en relation à ces sujets. 
 
La problématique principale se situe au niveau de la comparaison internationale. Béziers et Raguse sont deux villes de taille équivalente qui, sur le papier, présentent une situation démographique, géographique, urbaine, socio-économique, et politique très similaire. On pourrait donc s'attendre à ce que les résidents des deux villes identifient les mêmes problématiques, et qu'ils en discutent collectivement de façon semblable. Plusieurs mois de recherche empirique sur les deux terrains montrent, au contraire, que les processus de problématisation à ces sujets prennent des directions très différentes dans les deux villes. Si l'immigration et les différences culturelles peuvent apparaître dans les conversations ordinaires à Béziers tout comme à Raguse, l’expression critique à ces sujets est gérée collectivement de façon très dissemblable sur les deux terrains. Comment se fait-il alors que les habitants de deux villes si similaires sur le papier aient des conversations si différentes sur les mêmes sujets ? Mes résultats préliminaires indiquent que la réponse pourrait se trouver dans le type d'organisation sociale, ce qui affecte, à son tour, les normes qui règlent l'expression des opinions individuelles et la façon d’aborder le désaccord, ainsi que la manière dont les acteurs locaux se pensent par rapport à l’Etat.
 
Doctorante contractuelle, bourse doctorale du Laboratoire d’Excellence TEPSIS (2017-2020).
 
 
Parcours académique
 
Master II de Recherche, Anthropologie sociale et ethnologie, EHESS Paris.
BA Hons, Arabic Language and Middle Eastern Studies, University of Cambridge.
 
 
Parmi les derniers travaux
 
2019 « Dès que tu dis qu’il y a un problème, t’es tout de suite classé ‘raciste’ ! » Classements moraux et processus de politisation. Association Française de Sociologie. Aix-en-Provence, 28 août.
 
2019 Pasquetti S., Casati N., and Sanyal R. Law and Refugee Crises, Annual Review of Law and Social Sciences, Vol. 15: 289-310.
 
2018 Casati N. How Cities Shape Refugee Centres: ‘Deservingness’ and ‘Good Aid’ in a Sicilian Town, Journal of Ethnic and Migration Studies 44 (5): 792-808.
 
2016 Casati N. Political Participation in a Palestinian University: Nablus Undergraduates’ Political Subjectivities through Boredom, Fear and Consumption, Ethnography 17 (4): 518-38.
 
 
Enseignements
 
Oralité et interaction – atelier doctoral, 24h, EHESS, 2019/2020 (avec F. Houssais)
 
Introduction à la sociologie du droit – CM et TD, 51h, ENS Paris, 2018/2019
 
Traduction en sciences sociales anglais-français – atelier doctoral, 21h, EHESS, 2018/2019 (avec N. Plouchard-Engel, M. Van Effentere et S. Vennetier)
 
 
Responsabilités éditoriales
 
Peer Reviewer Journal of Ethnic and Migration Studies et Journal of Immigrant and Refugee Studies.


EHESS
CNRS

 

Motion du LIER-FYT concernant le projet de loi sur les retraites et la LPPR

 

Les membres statutaires et les représentantes des doctorant·e·s du Laboratoire interdisciplinaire d’études sur les réflexivités – Fonds Yan Thomas (LIER-FYT, EHESS-CNRS, FRE 2024), réuni·e·s en Assemblée générale le 21 janvier 2020, et ses doctorant·e·s, réuni·e·s (via un vote électronique les 22 et 23 janvier 2020), déclarent leur opposition au projet de loi sur les retraites, aux orientations qui prévalent dans la préparation du projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) et aux décrets d’application de la loi de transformation de la fonction publique.

Ces prétendues réformes qui poussent plus loin encore le démantèlement de l’État social, la dislocation du service public et la mise au pas de l’enseignement supérieur et de la recherche, qui plongent un peu plus les jeunes dans la précarité, aggravent les inégalités de statut et de condition et vouent un plus grand nombre d’ancien·ne·s à vivre dans le besoin, nous touchent, nous qui pratiquons les sciences sociales, à un point névralgique. Car les institutions de l’État social et du service public et les sciences sociales sont inextricablement liées : elles résultent d’une même transformation historique qui, à travers des crises et des luttes sociales, a conduit dans nos sociétés à toujours davantage d’intégration et de solidarité. La protection sociale et l’existence d’un secteur public ont progressivement exprimé et réalisé cette tendance sur le plan de l’organisation sociale, tandis que les sciences sociales contribuent à en renforcer les effets dans la conscience collective en même temps qu’elles en mesurent les limites et aident à les surmonter. Cette transformation est loin d’être achevée. Elle se heurte, avec notamment la crise écologique, à des défis considérables qui rendent les sciences sociales plus nécessaires que jamais. Inscrire les réformes en cours dans l’histoire longue de nos sociétés les révèle ainsi dans ce qu’elles sont : des régressions. Dans l’immédiat, il est indispensable que nous y opposions notre refus. Mais au-delà de cette mobilisation nécessaire, nous affirmons notre détermination à continuer notre métier, celui des sciences sociales, dans le cadre du service public d’enseignement supérieur et de recherche. Nous refusons de voir notre fonction sociale réduite aux exigences d’une ingénierie gestionnaire destinée à asservir la vie sociale aux logiques de marché plutôt que d’y favoriser l’épanouissement du bien commun.

Pour ces raisons,

1) Nous appelons chacun·e à soutenir les mobilisations contre la réforme des retraites et contre la transformation de la fonction publique et de l’enseignement supérieur et de la recherche, à participer aux assemblées générales et aux journées d’action interprofessionnelle et à faire preuve de solidarité, notamment en contribuant aux caisses de grève, avec les secteurs professionnels qui portent actuellement l’essentiel de l’effort de mobilisation.

2) Nous demandons aux institutions d’enseignement supérieur dans lesquelles nous exerçons de mettre en place des règles claires qui permettent aux étudiant·e·s de s’engager, sans être pénalisé·e·s, dans le mouvement qui a pour enjeu leur avenir. (Ces règles doivent, à notre sens, prendre la forme d’un réaménagement des modalités et des temps d’enseignement et d’apprentissage plutôt que de procédures de validation automatique des compétences et savoirs acquis.

3) Nous réclamons que le gouvernement sursoie au projet de la loi de programmation pluriannuelle de la recherche et organise une concertation digne de ce nom, afin de définir collectivement les conditions d’une véritable refondation de l’enseignement supérieur et de la recherche et d’en déterminer le calendrier et les moyens, dans le respect des qualifications et des vocations de ceux qui y consacrent toute leur énergie et en tenant compte de la diversité des besoins sociaux en matière d’enseignement supérieur et de recherche. Nous mandatons la direction de notre unité à signer l’« Appel à signature des Directions de laboratoire de recherche pour un moratoire sur la LPPR et pour la tenue d’États généraux de la Recherche et de l’Enseignement supérieur » (voir ici).

Motion adoptée par l’Assemblée générale du LIER-FYT le 21 janvier 2020 par 20 votes favorables et 2 abstentions, et par l’Assemblée générale des doctorant·e·s du LIER-FYT (via un vote électronique) le 22 et 23 janvier 2020 par 32 votes favorables (aucune abstention, ni vote défavorable).


 

LIER-FYT
Laboratoire interdisciplinaire
d'études sur les réflexivités - Fonds Yan Thomas
Directeur: Cyril Lemieux
Directrice adjointe : Julia Christ
A629 - 54 Boulevard Raspail 75006 Paris

Tel : 33 (0) 1 49 54 20 61
Prtncipaux contacts : voir ici

 

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lier-fyt_info-request[at]ehess.fr