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Veronica Ciantelli

Veronica Ciantelli
Postdoctorante à la Fondation pour la Mémoire de la Shoah
Discipline : Philosophie
Institution(s) de rattachement : Fondation pour la Mémoire de la Shoah
Centre(s) de rattachement : Pôle philosophie
Laboratoire(s) de rattachement : LIER-FYT

Champs de recherche:

Philosophie politique allemande (XIXe-XXe) - Antisémitisme - Tradition - Judaïsme - Mythe

Coordonnées professionnelles

veronica.ciantelli[at]ehess.fr

Veronica Ciantelli a soutenu en 2012 une thèse en co-tutelle avec l'Université de Pise, menée sous la direction de Bruno Karsenti et de M.A. Iacono, portant sur la pensée de Walter Benjamin. En prenant appui sur les premiers écrits benjaminiens sur le langage et la perception ainsi que sur le dialogue avec Scholem, l'enjeu de ce travail était de montrer que c'est à travers une réflexion critique sur le mythe que Benjamin dresse son diagnostic quant à la pauvreté de l'expérience moderne. Comme le montre la lecture benjaminienne des textes de Kafka, cette perte est de fait indissociable la perte du lien avec la tradition, en tant que dimension partagée d'un savoir inscrit au sein d'une histoire commune, qui n'est désormais plus porteuse d'une vérité transmissible, mais seulement d'un savoir fragmentaire.

Ses travaux post-doctoraux ont prolongé cette recherche à travers une étude du débat sur le mythe qui se déclenche en Allemagne dès le début du XIXe siècle et de son influence dans le processus de construction intellectuelle de l’État allemand. Depuis deux ans, elle poursuit ce travail grâce à un financement post-doctoral de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, en analysant la manière dont la catégorisation peuple paternel/peuple maternel, tirée de l'ouvrage du juriste suisse Johann Jakob Bachofen sur le droit maternel, Das Mutterrecht, est reprise et intégrée au sein du discours antisémite à partir du début du XXe siècle et pendant l'entre-deux-guerres. L'hypothèse qui oriente cette recherche est qu'au sein du discours antisémite, le fait de penser l'Allemagne à travers la figure du père, en termes donc de peuple paternel, reflète une certaine tendance vers un modèle autoritaire qui trouve son expression dans le culte de la race, cette religion aryenne qui vise précisément à nier le modèle social dont les religions monothéistes sont porteuses.

Dans le cadre de l'ANR Remous, elle coorganise avec Stefania Ferrando et Irène Théry l'atelier de lecture « Féminisme et sciences sociales au tournant du XIXe-XXe siècle ».

 

Dernières publications

 

« Walter Benjamin », D. Hervieu-Léger et R. Azria (ed.), Dictionnaire des faits religieux, deuxième édition, Paris, PUF, p. 82-86 [octobre 2019]

« Le Retour du mythe ou le mythe d’un retour. La « science de la mythologie » et la critique de la modernité dans l’Allemagne de l’entre-deux guerres », dans F. Platelle et H. Roth (ed.), Le déclin dans le monde germanique. Mots, discours et représentations (1914-2014), Reims, Épure, 2018, p. 65-92.

« Penser l’origine : Johann Jacob Bachofen et la réhabilitation du mythe face à l’histoire », Grief. Revue sur le monde du droit n°4, Paris, Dalloz – EHESS, 2017, p. 114-121

« Histoire d’une rencontre manquée. Walter Benjamin et le Collège de sociologie », Synergies pays germanophones, n° 10, décembre 2017, p. 49-61.

EHESS
CNRS

 

Motion du LIER-FYT concernant le projet de loi sur les retraites et la LPPR

 

Les membres statutaires et les représentantes des doctorant·e·s du Laboratoire interdisciplinaire d’études sur les réflexivités – Fonds Yan Thomas (LIER-FYT, EHESS-CNRS, FRE 2024), réuni·e·s en Assemblée générale le 21 janvier 2020, et ses doctorant·e·s, réuni·e·s (via un vote électronique les 22 et 23 janvier 2020), déclarent leur opposition au projet de loi sur les retraites, aux orientations qui prévalent dans la préparation du projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) et aux décrets d’application de la loi de transformation de la fonction publique.

Ces prétendues réformes qui poussent plus loin encore le démantèlement de l’État social, la dislocation du service public et la mise au pas de l’enseignement supérieur et de la recherche, qui plongent un peu plus les jeunes dans la précarité, aggravent les inégalités de statut et de condition et vouent un plus grand nombre d’ancien·ne·s à vivre dans le besoin, nous touchent, nous qui pratiquons les sciences sociales, à un point névralgique. Car les institutions de l’État social et du service public et les sciences sociales sont inextricablement liées : elles résultent d’une même transformation historique qui, à travers des crises et des luttes sociales, a conduit dans nos sociétés à toujours davantage d’intégration et de solidarité. La protection sociale et l’existence d’un secteur public ont progressivement exprimé et réalisé cette tendance sur le plan de l’organisation sociale, tandis que les sciences sociales contribuent à en renforcer les effets dans la conscience collective en même temps qu’elles en mesurent les limites et aident à les surmonter. Cette transformation est loin d’être achevée. Elle se heurte, avec notamment la crise écologique, à des défis considérables qui rendent les sciences sociales plus nécessaires que jamais. Inscrire les réformes en cours dans l’histoire longue de nos sociétés les révèle ainsi dans ce qu’elles sont : des régressions. Dans l’immédiat, il est indispensable que nous y opposions notre refus. Mais au-delà de cette mobilisation nécessaire, nous affirmons notre détermination à continuer notre métier, celui des sciences sociales, dans le cadre du service public d’enseignement supérieur et de recherche. Nous refusons de voir notre fonction sociale réduite aux exigences d’une ingénierie gestionnaire destinée à asservir la vie sociale aux logiques de marché plutôt que d’y favoriser l’épanouissement du bien commun.

Pour ces raisons,

1) Nous appelons chacun·e à soutenir les mobilisations contre la réforme des retraites et contre la transformation de la fonction publique et de l’enseignement supérieur et de la recherche, à participer aux assemblées générales et aux journées d’action interprofessionnelle et à faire preuve de solidarité, notamment en contribuant aux caisses de grève, avec les secteurs professionnels qui portent actuellement l’essentiel de l’effort de mobilisation.

2) Nous demandons aux institutions d’enseignement supérieur dans lesquelles nous exerçons de mettre en place des règles claires qui permettent aux étudiant·e·s de s’engager, sans être pénalisé·e·s, dans le mouvement qui a pour enjeu leur avenir. (Ces règles doivent, à notre sens, prendre la forme d’un réaménagement des modalités et des temps d’enseignement et d’apprentissage plutôt que de procédures de validation automatique des compétences et savoirs acquis.

3) Nous réclamons que le gouvernement sursoie au projet de la loi de programmation pluriannuelle de la recherche et organise une concertation digne de ce nom, afin de définir collectivement les conditions d’une véritable refondation de l’enseignement supérieur et de la recherche et d’en déterminer le calendrier et les moyens, dans le respect des qualifications et des vocations de ceux qui y consacrent toute leur énergie et en tenant compte de la diversité des besoins sociaux en matière d’enseignement supérieur et de recherche. Nous mandatons la direction de notre unité à signer l’« Appel à signature des Directions de laboratoire de recherche pour un moratoire sur la LPPR et pour la tenue d’États généraux de la Recherche et de l’Enseignement supérieur » (voir ici).

Motion adoptée par l’Assemblée générale du LIER-FYT le 21 janvier 2020 par 20 votes favorables et 2 abstentions, et par l’Assemblée générale des doctorant·e·s du LIER-FYT (via un vote électronique) le 22 et 23 janvier 2020 par 32 votes favorables (aucune abstention, ni vote défavorable).


 

LIER-FYT
Laboratoire interdisciplinaire
d'études sur les réflexivités - Fonds Yan Thomas
Directeur: Cyril Lemieux
Directrice adjointe : Julia Christ
A629 - 54 Boulevard Raspail 75006 Paris

Tel : 33 (0) 1 49 54 20 61
Prtncipaux contacts : voir ici

 

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lier-fyt_info-request[at]ehess.fr